Réveil difficile
Au matin, lorsque le ciel ouvrit enfin
ses larges paupières, Léo, Loulou et Lolotte sentirent les leurs peser lourdement. Mais ils se trouvèrent aussi bien contents d’êtres sains et saufs et n’eurent qu’une hâte : regagner la
clairière, leurs parents et leurs autres compagnons.
Loulou le premier s’approcha du bord de leur abri pour vérifier qu’aucun monstre ne les attendait
quelques mètres plus bas. Il aperçut quelques longs poils gris collés à l’écorce de l’arbre et comprit immédiatement qui était l’auteur de leurs frayeurs nocturnes : un gros mâle
sanglier était venu marquer son territoire en se frottant tout entier au tronc dans lequel les petits rongeurs s’étaient réfugiés.
Loulou fut soulagé, mais mesura aussi le danger auquel les trois amis s’étaient exposés par leur imprudence. S’ils étaient
tombés nez à nez dans la forêt avec un énorme cochon sauvage, ils auraient pu être blessés sévèrement, voire, y laisser leurs vies.
Passée cette découverte, le petit écureuil saisit la corde et son habilité le mena à terre en un rien
de temps. Il en fut autrement pour Léo et Lolotte qui n’avaient absolument pas l’habitude des acrobaties aériennes. Ils leur fallut un bon moment pour descendre, exercice au cours duquel le
petit loir se griffa la patte et la marmotte le bout du nez.
Dès lors, ces deux-là surent qu’il est
beaucoup plus facile de grimper dans un arbre que de faire le chemin inverse. Par chance, ils s’en sortirent sans plus de dommage.
Il ne restait plus maintenant qu’à regagner les sentes balisées et retrouver la direction de la
clairière. Léo, Loulou et Lolotte se concertèrent, comme ils avaient vu faire, dans les livres, les Trois
Mousquetaires, et convinrent de se séparer pour multiplier leurs chances de réussite.
Pendant
ce temps, dans les buissons, des yeux attentifs observaient la scène en silence.
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