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Contes pour enfants - Les contes Tibous - Léo le loir : 11ème lecture et fin de l'histoire

par Satchoum 14 Mars 2007, 20:58 Les contes - Léo le loir

 

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Côté marmotte : fin de l'histoire


Léo le loirLa maman biche dressa sa tête au plus haut et prit une grande inspiration. Lolotte l’observait, curieuse d’entendre l’appel qu’elle émettrait pour faire venir son ami le faisan.
« Pan ! Pan ! »
Lolotte sursauta, la biche stoppa tout tout net et mit ses oreilles au garde à vous. Elle demeura un dixième de seconde immobile puis ordonna à ses petits : « Vite, suivez moi ! Toi, Lolotte, sauve-toi, cours, cours, cours, le plus loin et le plus vite possible, sans te retourner, puis cache-toi ! »
La dame biche s’enfuit à toutes pattes, suivie  de ses Trois faons.
Lolotte, d’ordinaire calme et réfléchie paniqua totalement :
 

« Madame la biche, attendez-moi ! » cria-t-elle.
-    
Pas le temps, je dois d’abord sauver les miens. » C’est la dernière parole qu’entendit Lolotte, tandis que la maman biche était déjà bien loin.
La petite marmotte voulut prendre la fuite elle aussi, mais au lieu de cela, demeura sur place, incapable du moindre mouvement, de la moindre pensée, complètement prostrée.
NoneContes pour enfants - Tibous - Léo le loir - Le chasseur
« Petite, ne reste pas là ! Viens ! » gronda soudain une voix directive. Lolotte ne bougea pas d’un millimètre.
Elle sentit qu’on l’empoigna des dents au niveau du cou puis qu’on la tira sur plusieurs mètres, jusqu’à atteindre le cœur d’un bosquet. Elle crut son dernier souffle venu et dans un éclair de lucidité se demanda même qui allait la dévorer à l’abri des regards.
Son agresseur lâcha prise. Alors seulement, Lolotte reconnut la maman de Léo le loir.
« Oh, Madame…
-          Chut, pas un mot Lolotte.
-          Mais Madame, je suis…
-          Tais-toi, te dis-je ! »
Lolotte n’osa plus même frémir du museau.
None
Elle entendit alors des bruissements dans les feuilles, comme les pas d’un géant qui se rapprochaient. La maman loir maintenait sa patte sur sa bouche pour indiquer à Lolotte de garder le silence absolu. Celle-ci obéit en ouvrant toutefois grand ses pupilles et ses oreilles. A présent, les pas étaient là, tout près. Une drôle de créature passa devant les deux rongeurs, s’arrêta un instant, tâta un peu les buissons du bout du pied, puis s’éloigna.
La maman loir se détendit enfin. Lolotte comprit qu’elle pouvait à nouveau parler.
«  Mais quel est ce monstre ? demanda-t-elle.
-          Ce monstre, Lolotte, ça s’appelle un humain. Je dirais même un chasseur.
-          Un chasseur ?
-          Oui, un être vivant qui habite rarement dans la forêt, mais vient parfois s’y promener. Et accessoirement, y chasser.
-          Chasser ? Mais de quoi s’agit-il ?
-          Chasser Lolotte, puisque tu insistes, ça veut dire chercher à abattre des biches, des lapins, des faisans et d’autres animaux des bois encore, avec un bâton qui fait "pan pan". Pour les manger.
-          Gloups, fit Lolotte. Euh… Et ils mangent aussi les marmottes, les chasseurs ?
-          Habituellement non, mais certains ne voient pas bien clairs ou ne sont pas très habiles. D’autres encore, qui ne tournent pas bien rond, en viennent à chasser toute âme qui vive. »

Lolotte avait parfaitement repris ses esprits maintenant. Comme Léo et loulou avant elle, elle prit conscience des risques inconsidérés qu’ils avaient pris ensemble. Tout en la mettant en garde contre les inconnus, la maman loir lui expliqua qu’elle avait bien fait de demander de l’aide à une dame biche accompagnée de ses petits. Mais Lolotte savait bien désormais qu’elle ne pouvait compter que sur elle-même et sur sa propre vigilance : en cas de danger imminent, les autres pensent d’abord à se sauver eux-mêmes, ainsi que leur famille, avant de secourir des étrangers. La petite marmotte en avait fait les frais et songea, presque à regret, mais songea quand même, qu’elle aurait peut être fait de même en pareil circonstance.

Le soir venu, Léo, Loulou et Lolotte se retrouvèrent enfin dans la clairière, avec leurs amis et leurs parents. Ils s’étaient chacun enrichis d’expériences qu’ils n’oublieraient pas de si tôt et les partagèrent ensemble, comme pour mieux se prémunir réciproquement contre les risques de la forêt et de la vie en général. Ils convinrent également qu’un aventure, si excitante et riche d’enseignements soit-elle, ne vaut pas la peine si elle doit mettre en péril leur existence.


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