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Pendant ce temps, Loulou, le moins rassuré de nos trois
rongeurs, virevoltait dans les bois, sans vraiment savoir où il allait. Il avançait, rebroussait chemin, tournait à droite, puis à gauche, parfois repassait sur ses pas sans s’en apercevoir. Seul
dans la forêt, loin de ses deux compères, il ne trouvait pas d’idée pour retrouver la voie de la clairière. Peu à peu, la panique le gagnait et plus le temps passait, plus il perdait ses moyens.
Il avait aussi le sentiment d’être suivi et observé, ce qui ajoutait à sa peur. Son angoisse grandissante l’empêchait de réfléchir calmement et le conduisit même à commettre des imprudences.
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A un moment, il entreprit de traverser un cours d’eau et manqua d’être emporté par les flots. A un autre, il tenta de gravir des rochers et se retrouva coincé entre deux. Lorsqu’un peu après, il
entendit des bruits de pas derrière lui dans les feuilles, ç’en fut fini. Il se lança à toute vitesse entre branches et fougères, l’esprit totalement brouillé et vide de tout discernement. Il
galopa et galopa encore, à s’en couper le souffle, à s’en déchirer les poumons. Mais peu importait, il fallait fuir, fuir à toutes pattes, semer à tout prix ses poursuivants réels ou
imaginaires.
Sous l’emprise de l’affolement et sans même le décider, le petit écureuil finit par se réfugier dans le premier abri qui se présenta à lui.
Alors seulement, il cessa sa course effrénée. Il était dans une grotte, il faisait noir, les parois étaient humides, le souffle
haletant de Loulou résonnait sur la pierre hostile. Le petit écureuil était à l’apogée de la terreur. Il se crispa jusqu’à la pointe de la queue en entendant à nouveau des bruits de pas, arrivant
maintenant de devant, comme du fin fond de la grotte.
Dans un élan de désespoir, il tenta un « Il y a quelqu’un ? Je vous en prie, ne me faites pas de
mal ». Un ombre difforme et monstrueuse s’étala sur tout le mur de la grotte. Le sang de Loulou se glaça
pendant le dernier instant qu’il pensa lui rester à vivre…
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