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Contes enfants - Les contes Tibous - Chester la terreur : 5ème lecture

par Satchoum 21 Janvier 2007, 00:55 Les contes - Chester la terreur

Chester se découvre
 
Tibous - Contes pour enfants - Chester la terreurLa dame chouette écouta attentivement le petit cheval et lorsqu’il eut fini, l’interrogea :
« Mon garçon, hum, Chester je crois, es-tu fier de tes origines Apaloosa ?
- Oh oui, très fier ! Le petit cheval, qui s’était relevé, se campa sur la pointe des sabots et courba son encolure, comme il savait si bien le faire.
- Et pourquoi te redresses-tu ainsi pour me répondre ? »
- Et bien… pour que vous puissiez admirer mon port de tête ainsi que mes jolies tâches brunes. Elles sont rares, vous savez, par ici.
- Oui, je le sais et tu les portes très bien, bravo. Mais crois-tu qu’on les voie mieux lorsque tu te grandis de la sorte ?
- Je ne cherche pas à me grandir, répondit Chester. Je les mets seulement en valeur, pour faire honneur à mes ancêtres.
- Comme je te comprends, mon garçon, tes intentions sont tout à fait louables. Et penses-tu que tes ancêtres avaient besoin de se mettre en valeur pour se faire remarquer ?
- Oui, j’en suis sûr, répondit Chester, d’un ton affirmatif.
- Ah bon ?
- Oh, mais vous m’ennuyez, Madame la chouette ! Où voulez-vous en venir à la fin ? Que sous-entendez-vous ?
- Rien Chester, j’essaie juste d’apprendre à te connaître.
- Et bien, c’est tout vu, je suis grand, beau, élégant, différent des autres, voilà. Cela vous dérange-t-il ?
- Absolument pas. Et tu as raison, je trouve effectivement que tu es un magnifique petit cheval…
- Vous l’avez donc remarqué ?
- Quoi donc, mon garçon ?
- Que je suis petit. Comme mes ancêtres.
- Petit, atypique, bourré de charme, oui, j’ai vu tout cela ! Ta maman doit être fière de toi, non ?
- Ma maman ? Chester baissa la tête et fit la moue. Je ne l’ai pas connue, ma maman. Je ne me souviens même pas du jour où on m’a enlevé à elle.
- Quelle tristesse, mon garçon. Comme elle doit te manquer. Vois-tu, je suis certaine qu’elle pense chaque jour à toi et que tu es pour elle le plus beau des chevaux.
- Ah bon ?
- Oui, j’en suis sûre.
- Mais pas le plus gentil… Chuchota Chester.
- Comment cela ? Je te trouve adorable, moi.
- Oui, mais avec vous, ce n’est pas pareil.
- Pourquoi dis-tu que ce n’est pas pareil avec moi ?
- C’est que vous, vous ne me jugez pas. Je me sens en confiance, je n’ai pas besoin de vous épatez, je suis simple et naturel, vous comprenez ?
- Il me semble, oui. Les autres te jugent-ils ? Se moquent-ils de toi ?
- Oui, enfin non, pas vraiment. Je n’en sais rien, je ne les connais pas très bien…»
 
La discussion se poursuivit encore un moment.
 
Ce jour-là fut important pour Chester.
Grâce à la dame chouette, il avait pris conscience de l’importance de son histoire sur son comportement actuel. S’il était fier de ses aînés, il se sentait aussi très différent de ses compagnons d’écurie et se focalisait sur sa petite taille. Or sa maman n’était pas là pour le rassurer, lui parler de sa famille et lui donner confiance en lui.
Alors, depuis des années, il avait pris le contre-pied de ses complexes et opté pour une attitude arrogante et offensive. Il ne cessait de se vanter et d’en rajouter, ce qui exaspérait et éloignait ses camarades. Il évitait ainsi de s’y frotter et de prendre le risque d’être rejeté. Bien pratique, quand on n’a pas confiance en soi. L’inconvénient, c’est que son attitude hautaine et dédaigneuse avait également fini par donner une mauvaise image de lui et ne reflétait pas du tout ce qu’il était réellement : au fond, un petit cheval tendre et sensible, peu sûr de lui aussi.

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