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Contes pour enfants - Les contes Tibous - Zipy le ver de terre : 6ème lecture

par Satchoum 5 Avril 2007, 22:22 Les contes

 

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Langue de vipère

 

Tibous - Contes pour enants - Zipy le ver de terre« Tssssss…. Tssssss », fit la longue langue fourchue. Elle effleura le petit ver de terre qui en frissonna tout entier.
« Qui êtes-vous ? osa-t-il tout de même demander, sans distinguer encore complètement le corps du reptile.
- Tssssss… On dirait que tu n’as jamais eu affaire à des individus de mon espèce. Tssssss…
- Comment cela, de votre espèce ?
- Hum hum, tu m’as l’air bien innocent, tout ce que j’aime, fit la vipère en repassant sa langue sur le corps de Zipy. Tssssss… Tu sembles très tendre, aussi… Tssssss…
Zipy sursauta vers l'arrière.
- Ne t’inquiète pas, tu es trop petit pour moi, je ne mange que des rongeurs, de la taille des souris, enfin, au moins ! En revanche, tssssss… quand je frappe, je pique et marque à tous les coups ! »
Zipy tenta de s’éclipser discrètement, en rampant à reculons, mais la vipère s’était approchée et il comprit à son regard qu’il lui était interdit de bouger.
« Tu es stressé, petit, je le sens. Tssssss… Méfie-toi, je ne réponds plus de moi, lorsque l’odeur de la peur parvient à mes narines.
- Gloups, laissa échapper le ver de terre.
- Tssssss ! Tssssss ! Tssssss ! Rétorqua immédiatement la vipère en se dandinant comme pour intimider Zipy.
- Que me voulez-vous à la fin ?!
- Jouer, petit ver, jouer, rien de plus. Tssssss…
- Ah oui ? Et quelles sont donc vos règles dans ce cas ?
- Les règles du jeu ? Concept intéressant. Ah oui, j’oubliais, tu ne sais pas qu’avec les vipères, il n’y a pas de règles, ah ah ah !
NoneTibous - Contes pour enfants - Vipère mesquine
Zipy ne comprenait absolument pas ce que recherchait cette curieuse créature. Elle ne semblait pas vouloir en faire son repas, mais prenait apparemment un malin plaisir à le torturer.
- Tiens donc, mon ami, que vois-je par ici : il te manque un bout de queue. Tssssss… Et ça ne te dérange pas de n’être pas fini ?
La vipère savait parfaitement comment atteindre Zipy en chatouillant ses points sensibles du bout de sa langue acerbe. Le petit ver ne voulut pas se laisser démoraliser et répondit, comme s’il était sûr de lui :
- Oh, mais ce n’est qu’une question de jours. Je vais bientôt récupérer le bout de ma queue.
- Hein hein, passionnant ! Et comment comptes-tu t’y prendre ? sonda le reptile.
-  Je suis presque arrivé au potager des doubles. Une fois sur les lieux, je me glisserai dans un corps tout neuf, voilà, ça vous bluffe, hein !?

Sans le savoir, Zipy offrait à la vipère l’opportunité de le malmener plus durement encore.
- Et qui donc t’a raconté pareille sornette ? Tssssss… Le potager des doubles, laisse-moi rire. Un tel endroit n’existe pas.
- Et bien moi, je sais qu’il existe, c’est un être de confiance qui me l’a assuré.
- Tssssss… Un être de confiance ? Un ami ? Une amoureuse ? poursuivit la vipère. Mais qui voudrait devenir l’ami ou l’amoureuse d’une moitié de ver de terre ?
Zipy essaya de se contenir, mais il sentit la colère, comme les larmes, gravir chacun de ses anneaux.
- Vous mentez ! J’ai des tonnes d’amis ! D’ailleurs, ils ne vont pas tarder à me rejoindre. Et la plus belle des princesses qui m’attend, avec impatience, pour célébrer notre mariage. Et ce n’est pas tout, demain, j’aurai retrouvé une queue flambant neuve !
- Tu connais mal les vipères. Elles ne mentent jamais. Bien au contraire, tssssss… tssssss… répondit mesquinement la vipère. Je suis vraiment navrée pour toi, cher petit ver de terre, mais tu peux faire une belle et grande croix sur ton potager magique, comme sur ta princesse charmante. D’ailleurs, je suis certaine qu’elle a déjà trouvé un prince à sa taille ah ! ah ! ah !

Ç’en fut trop pour Zipy. La vipère venait de lui asséner le coup de grâce en confirmant ses doutes sur l’existence du potager des doubles. Il fondit en sanglots et laissa exploser tout à la fois sa peur présente et ses angoisses pour l’avenir, son sentiment d’injustice, sa rage et sa rancoeur envers le radis qui l’avait induit en erreur, sa peine et sa douleur, encore si vives lorsqu’elles remontaient à la surface.

Le jeu était fini. La vipère avait gagné et obtenu ce qu’elle voulait : se donner du plaisir en infligeant des coups impitoyables et cinglants à un être vulnérable.
Laissant Zipy anéanti, elle traça simplement son chemin, indifférente. Et si froide.



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commentaires
J
J'espère que vous nous donnerez bientôt la suite de l'histoire de Zipy, avec une fin heureuse !Continuez et bravo pour vos contes plein d'humourJulie
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