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Drôle de spectacle
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La petite fourmi, brûlant de curiosité, voulut connaître le fin mot de l’histoire. Oubliant ses craintes habituelles, elle se glissa discrètement hors de sa tanière et fila se cacher derrière un pied de pomme de terre. Elle attendit qu’un scarabée qui passait se soit éloigné, puis galopa d’un petit pas rapide se tapir sous une grande feuille de salade. D’ici, elle pouvait observer la scène tranquillement.
La reine des courges avait du bien se repaître d’engrais ces derniers temps, pensa Lili qui ne l’avait jamais vue aussi ballonnée. Elle grommelait et gesticulait maladroitement, en demandant de l’aide. La plupart des légumes voisins riaient en se payant sa tête : « Eh, grosse courge, il te faudra suivre une diète, si tu veux nous faire la danse du ventre ! », entendit Lili d’un côté. Et d’un autre coté encore : « Veux-tu que nous fassions venir un éléphant, pour aider à te porter ?"
Lili assista bientôt à un drôle de spectacle. Une bonne dizaine de fourmis géantes se concertèrent puis se positionnèrent méthodiquement en file indienne. Elles hissèrent ensuite une branche sur leurs dos robustes et la firent péniblement glisser sous l’énorme légume. Maintenant, elles pesaient de tout leurs poids pour faire levier et tenter de soulever la reine.
C’est vrai que le tableau était comique et dans un premier temps, Lili ne pu s’empêcher de rire intérieurement. Mais au plus profond d’elle même, elle éprouvait de la peine pour la reine.
Celle-ci en effet souffrait terriblement : une longue épine s’était logée sous ses fesses, puis au fur et à mesure que la courge avait grossi, s’était enfoncée dans sa chair. La douleur était vive et intense, la reine des courges vivait un véritable supplice.
Les fourmis géantes, habituées à travailler durement, se démenèrent toute la journée pour secourir la reine, mais en vain. Le soir venu, elles finirent par démissionner de leur poste et abandonnèrent la grosse courge à ses souffrances. La nuit était tombée. Lili était rentrée chez elle.
De là, elle entendait les gémissements plaintifs de la reine, blessée tant dans son corps que dans son cœur, et à qui plus personne ne prêtait attention.

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