La cuisine
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Chaussettes et salopette progressèrent à tâtons dans la chambre silencieuse. Elles frôlèrent le lit d’une petite fille qui dormait, paupières en rêves, câlinant dans ses bras un nounours. Les
deux exploratrices retinrent difficilement quelques rires en songeant aux secrètes aventures qui les attendaient durant les prochaines heures de la nuit.
Elles poursuivirent leur chemin, empruntant désormais un long couloir aux multiples portes et parvinrent enfin dans une bien curieuse pièce de la maison. Il y avait là nombre de
créatures inconnues : une sorte de robot blanc à huit bras articulés et menaçants, un monstre sans dents, mais à la bouche si large qu’il aurait pu avaler la plus énorme des tartes d’un seul
coup, un curieux qui sortait ses deux yeux incandescents à chaque fois qu’il hoquetait, et comble de bizarrerie, un morceau de paquebot échoué dans un coin et qui, enrhumé, faisait claquer son
hublot en toussant.
Les deux compères, avides de découvertes, se mirent à farfouiller un peu partout.
L’une ouvrit joyeusement tous les placards qui tombaient sous sa bretelle, pensant y rencontrer jupes, pantalons ou chemisettes, en somme, des individus de son espèce. Mais au lieu de cela, elle
dénicha des trésors de biscuits et une plaquette de chocolat qu’elle s’empressa de gloutonner !
La seconde sauta sur un tabouret, puis sur une table, et de là, commença à bondir frénétiquement dans tous les sens, passant d’un panier de légumes à une piscine sans eau,
d’une dame blanche clignotant dans la nuit à un gros monsieur ventru à tête carrée, d’une coupe de fruits à la pointe d’une fourchette qui lui piqua les fesses. Elle tourna et tourna encore,
exécuta de magnifiques cascades, autant de cabrioles, et soudain, depuis une pile d’assiettes, prit son élan, s’élança, figura une pirouette dans les airs et… shbling ! Elle atterrit au beau
milieu d’une rangée de verres qui volèrent en éclats dans un bruyant vacarme.
Silence.
« C’est malin, tu as du réveiller tout le monde ! » grommela la salopette.
Chaussettes et salopette filèrent dans la nuit retrouver leurs commode et armoire respectives.
Le lendemain, elle eurent une pensée complice et malicieuse en entendent un cri d’effroi retentir dans toute la maison. Et un peu plus tard encore, lorsqu’une voix
réprobatrice s’exclama : « Chéri, on ne peut pas te faire confiance, tu as encore mangé tout le chocolat ! Tu sais pourtant ce qu’a dit le médecin ! »
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