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Minus, tu disais ?
Grâce au scintillement du ver luisant, elle distinguait maintenant clairement les parois de terre qui l’entouraient et les fesses de la courge lui apparurent en pleine lumière.
« Ah tiens, je la vois, regarde !
- Mais quoi donc ? questionna le ver. Vas-tu enfin me dire à quoi rime cette expédition souterraine ?
La petite fourmi ne prit pas la peine de lui répondre.
- Waouh, elle est de belle taille ! Je comprends qu’elle chatouille un peu la courge », rit-elle.
Puis elle se dressa sur ses deux pattes arrière et avec les quatre autres, saisit l’épine fermement. Elle prit une grande inspiration et contracta tous ses muscles d’un coup. Le ver était pétri de peur sur son dos cabré, il ne la reconnaissait pas.
Lili tira sur l’épine, et tira encore, de toutes ses forces. Soudain, tout lâcha. Elle fut propulsés en arrière, bascula violemment et la lumière s’éteint subitement.
Quelques secondes après, un ronchonnement se fit entendre sous elle : « Grrrrh, pousse-toi donc de là, espèce de gros insecte », grommela le ver luisant. Complètement ratatiné sous la petite fourmi, il ne pouvait presque plus respirer.
Elle se remit sur ses pattes, la lumière se ralluma et elle découvrit par terre l’épine qu’elle était parvenue à déloger du derrière de la courge. Fière de son ouvrage, elle pivota vers le ver luisant et lui lança : « minus, tu disais ?
Au même moment, le sol se mit à trembler lourdement. La reine des courges avait du sentir un petit quelque chose sous elle et sortait doucement de la torpeur. Lili pensa qu’il fallait déguerpir au plus vite. Elle aida le ver luisant à lui monter dessus et se carapata à toute vitesse. Une fois dehors, elle déposa son hôte au pied du légume où il habitait.
« Terminus, tout le monde descend » plaisanta la petite fourmi.
Ce qui ne fit pas rire le ver luisant. Mais alors pas du tout ! Il n’en revenait pas, son cœur battait encore comme un tambour. Il avait vécu tant d’émotions et eu tellement peur qu’il en clignotait littéralement sur place.
Lili le salua malicieusement et se dirigea vers sa tanière pour se coucher enfin. Elle ne le savait pas, mais la grosse courge avait fini par se réveiller. D’un œil discret, elle avait vu la fourmi surgir de la terre munie d’un ver luisant et observé la scène silencieusement.

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