Le jardinier
- Ah oui, d’accord, poursuivit Tattouille, je comprends mieux à présent… sauf cette histoire de "jardinier". De qui s’agit-il ?
- A vrai dire, je ne sais pas grand chose de lui. Je crois que ce n’est pas un légume, mais un être humain. Il se tient sur deux tiges, qu’il peut déraciner du sol pour avancer.
- Quelle chance ! Moi, si j’avais de telles tiges, j’irai explorer le jardin tout entier !
- Parfois, continua Rasta, quand il a des tracas, le jardinier appelle Patou, tu sais, le toutou. »
- Et alors ? », questionna la petite tomate.
- Et alors, il lui raconte des tas d’histoires. Des histoires de travail, de famille, de jardinières, de voiture. Après, il a l’air moins soucieux.
Tout en écoutant, Tattouille baissa doucement la tête. A elle aussi, il lui arrivait d’être triste ou de s’ennuyer. Dans ces moments là, elle aurait tellement aimé avoir un ami pour se confier.
- Tattouille ! interpella sèchement Rasta. Puis il reprit, d’une voix grave et rassurante :
- Ma Tattouillette, ne te renferme pas. Je sais à quoi tu penses. Tu n’es plus seule à présent. Je suis certes un vieux poireau biscornu, mais si tu me trouves à ton goût, j’aimerais beaucoup devenir ton ami. Le veux-tu également ?
Tattouille comprit que derrière des allures de dur à cuire, Rasta dissimulait un cœur tout tendre.
A la fois heureuse et bouleversée, elle se fit encore plus petite qu’elle n’était et répondit d’une voix à peine audible : oui, je le veux.
Cette nuit là, un ciel aux mille étoiles enveloppa d’une douce lumière et d’un air chaud notre petite tomate. Tattouille s’endormit paisible et calme.
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Vos Tibous d'mots