Allez, viens, laisse-toi guider par Tibous au milieu des pousse-pousse.
Pousse-pousse ? Quel drôle de nom ! Surtout pour une petite carriole à deux roues que l’on tire par l’avant et qui daterait de l’arrivée des chinois sur la grande île,
il y a maintenant un siècle.
Shhhh, l’un vient de passer à toute allure et oups, en voilà un autre qui nous double en un éclair. Décidément, il y en a partout et de toutes les couleurs ! Surtout à
Antsirabé, la ville malgache où l’on en compterait le plus, à savoir environ 3500.
D’une certaines manière, on y prend le pousse-pousse comme on prend, en France, un taxi, le bus ou le métro pour aller à l’école, faire son marché ou se rendre chez des amis.
Mais ce sont des êtres humains, jeunes ou plus âgés, qui galopent, de jour comme de nuit, parfois pieds nus, en tirant leur pousse-pousse au travers de la ville.
On les appelle des « tireurs ». Ils travaillent dur pour gagner quelques euros par jour, transportant souvent plusieurs personnes en même temps ou tirant des centaines
de kilos de marchandises. La plupart ne sont pas propriétaires de leur engin, mais le louent à de plus riches propriétaires, car eux-mêmes n’ont pas les moyens d’en acheter un.
Tout cela te semble cruel ? Tu as sans doute raison et c’est pourquoi beaucoup de gens, y compris des malgaches, sont contre les pousse-pousse. Mais tu sais, les choses sont
parfois bien compliquées sur notre planète. Ainsi, les autorités tolèrent-elles les pousse-pousse, délivrant même des numéros d’immatriculation et des « permis de tirer », comme pour
la voiture de tes parents. Car interdire le pousse-pousse, ce serait également priver les « tireurs » d’un travail qui leur permet de survivre. Il appartient sans doute à chacun de se
faire sa propre idée.
Pour sa part, Tibous préfère se téléporter, avec toi bien sûr, afin de te faire découvrir une autre
curiosité malgache. Et shbrouf ! Nous voici rendus au marché de zébus.
Mais c’est quoi donc un zébu ? Un bœuf à bosse, pardi ! Oui, un bœuf un peu différent de celui que tu connais sans doute déjà : il a de longues cornes, un large morceau de peau
pendouillant sous le cou et une grosse bosse de graisse au garrot. Elle lui permet de disposer de réserves pendant les périodes… de « vaches maigres », hi hi hi !
Evidemment, vu sous cet angle, le zébu n’est pas très ragoûtant. Mails il ne faut pas se fier aux apparences : c’est un animal très important à Madagascar.
D’abord parce qu’il a une valeur spirituelle, symbolique si tu préfères : il a toujours représenté la puissance, la richesse et la prospérité, et encore aujourd’hui, on le
sacrifie à l’occasion de fêtes traditionnelles. D’accord, c’est un peu dégoûtant, mais chaque culture a ses croyances et ses particularités, qu’il faut essayer de comprendre.
Egalement présent dans la vie quotidienne des malgaches, le zébu est utilisé pour tirer des charrues, ou pour piétiner et ramollir la boue des champs avant d’y planter du riz.
Comme le bœuf français, sa viande est consommée dans de nombreux plats et l’on se sert même de ses cornes pour fabriquer des bijoux. Des bijoux en corne de zébu, tu imagines ?! Regarde sur
la photo comme il faut être habile artisan pour chauffer, tailler et polir ce matériau afin de le transformer en ravissants colliers et bracelets.